Des origines au XVII° siècle.

An de grâce 671 - Plus d'un siècle s'est passé depuis que Clovis par sa victoire de TOLBIAC a remis la GAULE au Dieu de Clotilde et préparé ainsi le triomphe de la chrétienté.Après l'occupation romaine, les Vosges ne sont qu'un désert de forêts impénétrables, elles vont devenir la Thébaïde des Gaules.

De pieux ermites accourent sur les pas de Colomban, le moine irlandais. Voici Romaric Gondeberg, Dieudonné et puis Hydulphe. Il est né vers 612, originaire de la Nordique, ancienne province romaine sur la frange méridionale de le Bavière qui s'appuye aux Alpes. Elève aux écoles de Ratisbonne, il a fait profession religieuse à l'Abbaye Saint Maximin de TREVES ; il y restera 30 ans, animé de vertus et de ferveur monastique qui le conduiront au poste d'évêque coadjuteur de cet important diocèse. L'appel de la solitude hante sa foi.

C'est ici, dans la vallée sauvage, entourrée de toutes part de hautes montagnes, où coule un petit ruisseau au cours torrentueux, le Rabodeau, ainsi nommé de la rapidité de son cours, qu'il installe la première cellule monacale : MEDIUM MONASTERIUM, parce que situé entre SENONES à l'orient, ETIVAL à l'occident, SAINT-DIE au midi , et BONMOUTIER au nord. Les premiers disciples accourent, si nombreux lit-on dans la vie de Saint Hydulphe, que bientôt les limites du premier monastère sont trop étroites ; les moines avides d'une vie plus solitaire, s'enfoncent dans la forêt et fondent autour de leur cellule-chapelle, ces villages qui ont nom aujourd'hui de Saint-Blaise, Hurbache, Le Ban De Sapt, Saint Jean d'Ormont, Saint Prayel.

Après une vie de prière , de pénitence et d'édification, Hydulphe meurt au commencement du VIII° siècle, peut-être en 707, et son corps est déposé dans un sarcophage de pierre, à l'oratoire Saint Grégoire.

Monastère royal, sous la règle mixte de Saint Benoit et de Saint Colomban, riche déjà en titres, en biens et revenus, tout rempli de ferveur religieuse , plein d'espérances et de promesses, MOYENMOUTIER entre dans l'histoire.

915 - Les Hongrois et les hordes barbares envahissent la Lorraine et saccagent les Vosges. Ils entrent à MOYENMOUTIER, pillent et incendient le monastère. Les religieux, dépouillés errent dans la montagne, les habitants sont dispersés et mis en fuite.

Le monastère ruiné reste abandonné.

960 - L'abbaye reprend vie, l'ordre et la paix à nouveau régnent. Le sage abbé Adalbert est prometteur de cette résurrection. la première école de grammaire d'Europe s'organise au monastère et cette école va jeter une lumière dans les ténébres du XI° siècle

Les années et les siècles passent. Autour du tombeau de Saint Hydulphe, prodiges et événements exceptionnels se succèdent : l'Histoire et la légende se confondent. La grande peur de l'an 1000 ( chaque millénaire c'est pareil ) n'affecte pas l'abbaye, le millénaire apporte au contraire l'action régénératrice de l'abbaye de GORZE, la stricte règle de Saint Benoit et, avec elle, la ferveur spirituelle et la prospérité materielle. Les possessions territoriales de MOYENMOUTIER s'accroissent en Alsace, en Moselle, en Vosges. C'est une véritable colonie monastique sortie du sein de l'abbaye.

Mais la richesse appelle l'envie. Ecoutez, nous sommes en 1123 : " Moi, chevalier Hubert de Parroy, me donne avoué de l'Abbaye de Moyenmoutier et me déclare sire de haute pierre, protecteur de droit divin de cette Abbaye ".

1223 - " Sire Duc, de la part de notre frère et vénéré Gerard, révérandissime Abbé de Moyenmoutier, nous te supplions instamment que soit démentelée et détruite la forteresse se Haute Pierre . Notre voué Albert de Parroy nous accable et nous opprime, c'est de toi MATHIEU II, Duc de Lorraine, que doit venir notre salut ".

Et vint le duc de Lorraine mettre le siège durant trois mois, de l'octave de la pentecôte à la nativité de la vierge. Et la forteresse de Haute Pierre fut détruite.

Cette leçon valait bien que des moines prieurs devinssent des moines bâtisseurs. En 1345, l'abbé Jean de Malla restaure le monastère. Abbatiale et bâtiments conventuels s'entourent de murs hauts de 30 pieds et épais de 8. Derrière ces murailles, en pierre de taille et crénelées, de larges fossés sont creusés. Un pont-levis donne accès à l'intérieur de l'abbaye qui a ainsi ressemblance avec un chateau féodal.

Dans le calme retrouvé, les abbées se succèdent, occupés surtout à grossir le patimoine du monastère.

Si nous nous arrêtons quelques instants pour embrasser d'une vue d'ensemble cette longue période allant de la fondation jusqu'au commencement du 16° siècle, on est surpis de ne pas trouver trâce dans l'histoire de Moyenmoutier des grâves préocupations qu'excitent alors par tout la chrétienté, les grands faits politiques et religieux qui s'y déroulent : lutte du sacerdoce et de l'empire avec ses diverses phases, les croisades, le grand schisme, les conciles. Sans doute à Moyenmoutier comme ailleurs on a dû s'interesser à ces grands événements où s'agitait le sort de l'église aussi bien que des états. L'abbaye de Moyenmoutier n'a pas été mélée de façon active à l'histoire générale de ces siècles tourmentés. Sa vie est toute intime et son histoire par conséquent bornée et resteinte. Dans la douceur du cloitre, dans le village blotti autour du monastère, chaque jour apporte le tribu des joies et des peines.

MOYENMOUTIER s'est toujours réclamé comme étant de terre Lorraine. Ajuste titre: trois princes de la Maison Ducale, Nicolas de Lorraine, Charles de Lorraine - cardinal de Vaudémont - et Eric de Lorraine -comte de Verdun -, furent abbés de Moyenmoutier. Hélas peut-être car, avec eux, introducteurs de la Commande, une révolution se produit dans l'organisation et la vie de l'abbaye. L'ésprit du siècle a envahit le cloître, les religieux n'ont plus de moine que la tonsure et le nom.

Mais plus grave encore est le fléau qui s'abat sur la Lorraine. La sorcellerie va brûler à Moyenmoutier comme ailleurs, d'innocentes victimes : 38 procès se sont déroulés à Moyenmoutier même au cours de la période 1572-1618, 38 procès dont 21 exécutions capitales.

Le XVI° siècle fait tache dans l'histoire de Moyenmoutier, l'abbaye menace ruine. Elle a perdu une partie de sa fortune matérielle, elle n'a plus d'abbé régulier, elle ne compte presque plus de moines. Toute vie religieuse a disparu, une grande et profonde réforme s'impose...

La résurection de l'abbaye porte un nom : Dom DIDIER DE LA COUR, prieur de l'abbaye Saint Vanne à Verdun. Il arrive à MOYENMOUTIER vers 1606sur les instances d'Eric de Lorraine avec quelques-uns de ses moines, épris de ferveur monastique.

Le pape CLEMENT VIII approuve la nouvelle congrégation de Saint Vanne et Saint Hydulphe en 1608.

Le premier monastère qui donna naissance à la ville de Medium Monasterium.

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